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  • "Promenade" du maître de la guilde des guerriers

     
    Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet     Index du Forum :: Iwy, nouveau continent :: Lesnie, quartier Nord :: Le marché
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    Maître de la guilde des Guerriers
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    MessagePosté le: 18/12/2011 17:34:01    Sujet du message: "Promenade" du maître de la guilde des guerriers Répondre en citant

    suite de La nuit passe et trépasse, le voleur tourne et s'en retourne

    C'était une journée comme les autres pour le maître de guilde, depuis que la famine avait terminé sa terrible entreprise. Désormais, elle restait hanter les nuits des Lesniens, mais elle appartenait au passé, et c'est cela qui incombait le plus. Même s'il y avait eu des morts, le plus important était que la situation s'était stabilisée. Sans ce retour à la normale, il aurait encore fallu que la guilde des guerriers face office de croque-mort pour ramasser dans des chariots les cadavres qui s'étaient multipliés à une vitesse folle.

    Maintenant, le guerrier devait songer au recommencement. Celui-ci était déjà enclenché par les nombreux projets que pouvait nourrir le chantier naval, mais aussi par la reprise des entraînements quotidiens. Cependant, Ié trouvait encore et encore la caserne beaucoup trop vide. Même si cela pouvait être mis sur le compte de la famine, la reprise était dure, et cruelle parfois. Certains de ses hommes, qu'ils soient simples soldats ou plus hauts gradés, étaient morts. Cela représentait beaucoup pour le maître de guilde et le faisait réfléchir.

    Tourner cette page lourde pouvait paraître difficile, mais une découverte étrange permit au maître de guilde de se changer les idées. Quoique la nouvelle ne soit pas des plus réjouissantes. La veille au matin en effet, le guerrier avait découvert son bureau complètement saccagé. En réalité, quelques feuilles étaient éparpillées par terre et sur sa chaise, il avait aussi retrouvé des miettes de pain au sol. Bref, l'acte de piraterie qu'il avait constaté était en fait une simple intrusion.

    Simple intrusion, pas tout à fait pour être exact. Déjà, sa fierté avait était endommagée par le seul fait que quelqu'un soit entré dans la caserne, puisque cette personne était étrangère à la guilde, cela n'en faisait aucun doute. De plus, cette même personne était parvenue jusqu'au bureau même de la personne la plus importante du bâtiment. Et enfin, quand il comprit de qui il s'agissait, la chose avait eu beaucoup de mal a passé.

    Angélyna Enedwaith avait à nouveau fait des siennes. La gamine dont il n'avait pas revu le visage depuis plusieurs mois déjà, était entrée par effraction là où il lui avait interdit de remettre les pieds. Une fillette qui devait à peine dépasser les dix années était donc parvenue à déjouer la sécurité de la guilde, et le maître des lieux ne pouvait pas le supporter.

    Même si la jeune brigandine ne représentait pas vraiment de dangers importants, cela signifiait l'existence de failles. La caserne n'était pas sûre, du moins en partie, infime soit elle. Si une si jeune personne, aussi expérimentée soit elle, réussissait ce coup, que pouvait donc faire quelqu'un d'aguerri par l'expérience ? Cette possibilité était quelque chose plus importante qu'il ne le craignait auparavant.

    Heureusement, le maître de guilde était suffisamment diplomate pour ne pas remettre sa colère sur le dos de ses soldats. Peu nombreux déjà, le peu d'effectif devait avoir rendu la tâche beaucoup plus facile. Paradoxalement, il n'en voulait pas non plus à son homologue de la guilde des voleurs, bien que cette appellation ne soit pas tout à fait officielle, voire pas du tout. Macha n'était pas dans le coup, Ié était certain que la maîtresse de la guilde des voleurs était beaucoup plus sophistiquée que ce qu'il avait constaté. Et puis, à quoi bon s'en prendre à son confrère guerrier alors que la vie arrivait péniblement à reprendre son cours normal ?

    Non, il en voulait à Angélyna elle-même. Dès qu'elle s'était présentée pour rejoindre la guilde des guerriers, il l'avait considérée comme tel. Alors, il ne changerait pas sa technique d'approche et de nouveau serait franc avec elle. C'était elle la seule responsable de l'intrusion, c'était son propre dossier qu'elle avait dérobé. De plus, elle n'avait même pas pris la peine de le récupérer dans son intégralité. Elle voulait toute autre chose, c'était certain, mais quoi exactement ?

    Le maître de guilde s'interrogeait sur la volonté de la jeune voleuse. Voleuse, parce qu'il était certain que celle-ci s'était rapprochée davantage de Macha après que leur relation se soit tendue. Sans doute désirait-elle de la reconnaissance, mais le guerrier n'en aurait jamais pour elle. Du moins, dans le cadre de la vie lesnienne et à la vue de ses activités illégales, cela ferait toujours d'elle quelqu'un de peu recommandable.

    Il lui avait offert une potentielle vie de soldate, à apprendre au fur et à mesure cette vie, elle l'avait refusé. C'était à elle qu'elle devait s'en prendre, et non à lui qui ne faisait que posséder un archivage des personnes potentiellement dangereuses de la ville. Elle s'imaginait être au-dessus de la loi, mais cela n'était qu'un doux rêve. Ce dossier, Ié comptait bien le récupérer. D'ailleurs, il le ferait lui-même.

    C'est pour cela qu'il venait d'arpenter les rues marchandes de Lesnie. Le quartier nord était réputé pour la présence de la guilde des marchands, et le siège caché des hors-la-lois de Lesnie. Certains magasins avaient réouverts ou étaient restés ouverts pendant la durée de la famine, d'autres non. Mais il y en avait suffisamment de disponibles pour que le plan du maître de guilde fasse effet. Son stratagème était des plus simples : il lui suffisait simplement de faire connaître aux passants et aux marchands l'objet de sa visite. Que ceux-ci connaissent ou non son identité importait peu, mais il paradait tout de même en uniforme de la guilde des guerriers, tout en restant non armé.

    De la sorte, la nouvelle qu'un guerrier de stature imposante recherchait une jeune fille allait rapidement faire effet et venir aux oreilles de l'intéressée, ce n'était qu'une question de temps. Le maître de guilde après avoir interrogé sans résultat passants et marchands finit par faire une pause. Il était arrivé au niveau du marché et se trouva un banc un peu à l'écart et s'assit. De là, il pouvait contempler les Lesniens vaquer à leurs occupations, malgré la pluie qui risquait de tomber d'un instant à l'autre.

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    MessagePosté le: 18/12/2011 17:34:01    Sujet du message: Publicité

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    Angélyna
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    MessagePosté le: 27/01/2012 19:14:12    Sujet du message: "Promenade" du maître de la guilde des guerriers Répondre en citant

    /Hrp/ Je commettrai pas l'affront de demander tes excuses, plus d'un mois quand même... =\ Mais j'avoue qu'entre le stage, le rapport, le brevet, les fêtes, les sorties et la nouvelle que je devais rédiger d'urgence... J'ai pas hâte d'être adulte !/Hrp/

    Lyna comptait pour la dernière fois les pièces de son dernier petit butin. Un calcul réalisable sur les doigts de la main ! Les Lesniens s'étaient dangereusement habitués à protéger leurs biens depuis la famine, et à ne sortir qu'avec une petite bourse, quitte à revenir à nouveau si besoin était. Mais la gamine ne s'inquiétait pas ; c'était les aléas de la "profession" des voleurs. Bien que voleur soit -à tort- considéré comme un statut plutôt qu'un métier. Elle ne doutait pas qu'une fois la famine oubliée et enterrée, les naïfs rempliraient leurs bourses à l'excès derechef. Un sourire s'afficha sur ses lèvres. Elle était une personne qui s'occupait seulement du jour présent, et avait trop peu de responsabilités financières pour s'occuper d'autre chose que de son prochain repas ou futile achat.
    Et cette volonté à mener sa vie au jour le jour lui donnait une fâcheuse tendance à reléguer à plus tard les évènements récents. Soit jusqu'à ce qu'il refasse surface sous le terme de "Présent".

    Le gamin apparut alors au coin de la rue, venant lui rafraîchir la mémoire, et ramener un de ces évènements au présent. Un jeune demi-elfe (relativement jeune d'ailleurs), se prénommant Enyë, un voleur fiable et loyal de la guilde. Un des rares, ceci dit ; on qualifiait rarement un voleur de "fiable et loyal". C'était sans nul doute dû à son jeune âge. Son innocence le quitterait, ou le perdrait.
    Furtivement, la jeune fille glissa l'argent dans sa veste, et poursuivit sa marche comme si elle ne l'avait pas aperçu, mais bifurqua rapidement vers une ruelle moins fréquentée que la route commerciale où elle traînait précédemment. Il semblait vouloir l'entretenir de quelque chose, mais mieux valait être discret, et ne pas exhiber en public le réseau d'information que formait tous les bandits, voleurs et autres criminels du coin. Moins on montrait les liens tissés entre guildés, moins on risquait de répercussions sur le reste de la toile si un seul était attrapé.

    Une fois un peu éloignée de la rue principale, d'où les cris des marchands, et autres bruits courants s'échappaient jusqu'ici, elle ralentit le pas, et attendit que l'elfe la rattrape. Celui-ci, pour une fois, feignit être un enfant jovial retrouvant une amie fortuitement, au hasard d'une ballade...

    À ses paroles cependant elle comprit que ce n'était pas feint, mais bien sincère ;

    « Angélyna ! Y'a l'vieux boulanger qui m'a dit qu'on te cherchait. Un homme blond aux yeux verts, de très grande carrure. C'est ton oncle ? Ou ton père ? Fin apparemment il te ressemblait pas, assez grand, très musclé, et la trentaine bien entamée d'après l'vieux. »


    Angy eut un sourire ; il prétendait implicitement qu'elle était de petite taille, ne possédait aucune force physique notable et était encore très jeune. Elle s'en serait offusquée si ça avait été faux. Ou plutôt, elle s'en offusqua, mais ne trouva rien pour le démentir.
    De plus, la nouvelle était trop intrigante pour ne pas prendre le dessus sur des histoires d'orgueil mal placé. Une petite idée s'insinuait prudemment dans ses pensées à ce sujet, mais elle fit mine d'être surprise ;

    « Vraiment, un homme blond aux yeux verts ? Je ne vois pas... ... Tu sais pourquoi il me cherche ? Il est pas de la guilde, sinon il serait allé le chercher là-bas.
    - Oui, sans nul doute ! Il avait l'uniforme guerrier ! Ça doit être pour une autre raison, mais il n'a pas précisé. Et un guerrier qui recherche un... Marchand, ça peut craindre un peu, tu vois.
    - Tu sais où il est ? »


    Répliqua-t-elle simplement, coupant court à sa déduction. Elle ne voulait pas que ses actes s'ébruitent, elle savait ne pas avoir agi de la manière la plus fine... Et elle préférait que cela ne remonte pas à des ouïes mieux placées qu'Enyë.

    « Non, mais il doit toujours être près du marché. Apparemment il est seul, mais peut-être qu'on l'accompagne ; c'est louche, vaudrait mieux faire attention.
    - T'en fais pas pour moi. »


    Sur cette réplique assurée -et surtout sèche-, elle lui adressa un sourire avenant et tourna les talons pour retourner vers le centre du quartier marchand. Ié se serait-il déplacé en personne ? Peut-être pas, après tout, la description fait n'était pas assez discriminante, ce pouvait aussi bien être Ié qu'un de ses subordonnés. Mais son instinct autant que sa volonté lui dictaient qu'il s'agissait bien de lui. Pourquoi ne pas être venue la chercher chez elle ? Mais ma foi, ça évitait de lui faire rencontrer son père adoptif...! Elle doutait que la personne qui la cherchait (soit Ié, elle en était certaine) souhaite lui faire ses éloges. On lui faisait rarement des éloges.

    Elle était arrivée devant l'étable du boulanger à présent. Ce marchand était un pion essentiel de la guilde ; inconsciemment, il divulguait toutes les rumeurs aux voleurs, et parfois certains détails importants. On converse beaucoup avec les commerçants, et ils le rendent bien !

    « Bonjour, M'sieur Lambert. On me cherche il paraît ?
    - Ah, Angy ! Oui, un homme assez impressionnant, il s'est éloigné par là bas je crois. »


    Elle le remercia, après avoir refusé d'acheter un de ses produits, et s'élança vers la direction indiquée : le marché. Bien vite, elle le vit. Elle l'aurait reconnu à trois kilomètres ! Il ne semblait pas armé, mais on pouvait en dire autant d'Angélyna, et elle était bien placée pour savoir que ce n'était pas le cas. Que ferait-il si elle s'approchait ? Qu'était-il en mesure de faire de toute façon, au milieu de tous ces gens qu'il scrutait d'ailleurs attentivement. Il la cherchait, c'était clair. Avait-elle à ce point endommagé son ego pour qu'il lui consacre en personne une petite visite ? Elle n'en demandait pas tant ! Elle jubila, bien qu'une part de regrets s'insinuait légèrement en elle. Comment lui justifierait-elle son acte de façon intelligente et sans lui dévoiler ses pensées, ses remords ?

    La petite (Elle n'avait pas grandi de quinze centimètres, la famine semblait avoir rudement ralenti sa croissance déjà en-dessous de la moyenne) s'approcha du banc, et vint poser une main sur l'épaule du guerrier, l'autre coude posé sur le dossier. Elle était maîtresse de la discrétion maintenant, surprendre, elle ne faisait que ça.

    « Ié, ravie de vous r'voir ! Vous êtes de nature admirative-de-la-foule-et-des-étables maintenant ? C'est pas les mêmes bruits que la caserne. C'est même un monde différent. »


    L'ironie perçait sa voix, mais elle était moins confiante qu'elle ne voulait le laisser paraître. Pourquoi s'était-elle embarquée dans tout ça ? Parce qu'elle était elle, tout simplement, la gamine à qui personne n'avait posé de limites, et qui en conséquence agissait toujours suivant ses impulsions. Elle était étonnement heureuse cependant de l'attention que le maître lui portait visiblement. Mais elle le lisait dans son regard, il n'y avait qu'amertume à son encontre. Il était là pour tout sauf lui faire montre son bonheur et se réjouir de leurs misérables retrouvailles. Avait-il jamais montré sa joie, tout considéré ?
    Un mélange d'émotions se disputaient pour sa part en son for intérieur, de la colère au contentement...
    Après tout, si elle s'y était pris autrement que par effraction pour attirer son attention, aurait-il daigné lui jeter un simple regard dix ans après ?

    Sur le même ton de la conversation anodine, elle reprit ;

    « J'espère que les guerriers ne manquent pas d'effectif en ces temps de redressement... (Formule qu'elle avait probablement dû "voler" à un de ses compagnons de guilde plus âgé). Fin, vous voyez, pour maintenir et l'ordre et la paix, dans des endroits comme ici. »


    Elle désignait l'ensemble du marché du menton, son regard pourtant braqué sur lui.
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    MessagePosté le: 29/01/2012 14:22:06    Sujet du message: "Promenade" du maître de la guilde des guerriers Répondre en citant

    C'était la main d'une fillette qui s'était posée sur son épaule alors qu'il inspectait du regard le marché. Pourtant concentré sur les mouvements de la foule, le maître de guilde n'avait pas été surpris de ce contact, car il savait qui il attendait. En effet, une arrivée tambours battants aurait sans doute plus décontenancé le guerrier qui connaissait un minimum son interlocutrice et ses usages. Angélyna Enedwaith n'avait donc pas changé.

    Quoiqu'elle était devenue peut-être davantage corrompue, s'interrogea le guerrier. Le ton qu'elle employait semblait être anodin aux premiers abords, voire même enthousiaste, mais cette approche apparemment amicale déplaisait fortement au guerrier qui n'était pas là pour s'amuser. Il avait décidé d'être ferme et il allait se tenir à ses décisions, ce n'était d'ailleurs pas dans ses habitudes de changer de discours à la moindre occasion possible. De plus, ce qu'elle annonçait présageait tout à fait de la teneur de la discussion, c'est-à-dire mouvementée et impitoyable pour chacun des deux camps.

    Le guerrier était déçu de la fillette., car il revoyait en elle la maîtresse de la guilde des voleurs, Macha. Il retrouvait en effet son caractère obstiné, voire même borné, obtus. Elle le défiait aussi, en énonçant implicitement qu'il se trouvait dans sa chasse gardée à elle, là où il n'avait pas les pleins pouvoirs, là où il devait se plier aux volontés d'un organisme qu'il exécrait et qu'il devait pourtant tolérer. Cependant, et heureusement, la jeune fille ne semblait pas avoir tout à fait perdu de sa naïveté. Sa jeunesse était encore pleinement audible dans sa voix et dans la détermination quelque peu amollie qui s'en ressentait. Elle pouvait donc peut-être aspirer à reprendre le droit chemin, mais quelque chose en Ié lui insufflait que cela n'arriverait jamais. Et depuis son départ de la caserne, le destin de la petite ne lui appartenait plus. De toutes manières, il n'avait pas à décider des tournures de chacun.

    Lorsqu'elle en vint à évoquer la sécurité du marché, le maître de guilde se retourna pour voir le visage d'Angélyna. Celle-ci avait un peu grandi, mais elle paraissait encore très jeune pour mener une telle vie de brigandage. Mais ce qui le choqua davantage fut les termes qu'elle employa. Une enfant de son âge normalement élevée n'aurait pas dû avoir à s'exprimer de la sorte et faire ce qu'elle faisait, pourquoi donc jouait-elle toute cette comédie ? De plus, tous deux savaient pertinemment que la sécurité des lieux était du domaine des voleurs. Peut-être ne savait-elle pas que ce sujet avait pesé un long moment sur la conscience du guerrier et qu'il avait dû admettre à regrets la validité d'un accord entre la caserne et les voleurs, mais le guerrier en doutait fortement. Si elle avait été mise au courant, elle jouait clairement sur les nerfs du maître de guilde. Que voulait-elle une fois pour toute ? Le maître de guilde ne voyait pas la finalité de son jeu.

    Ié resta quelques instants à contempler la foule que désignait la fillette, puis finit par se ressaisir. La question n'était pas de savoir ce que voulait la voleuse, mais ce que voulait le guerrier. Après tout, c'était lui qui l'avait fait venir tacitement en se montrant sur la place du marché et dans le quartier des commerces, c'était à lui de présenter l'objet de sa visite. Ce n'était pas elle de tirer sur les rênes de cette discussion.


    « Vous avez quelque chose qui m'appartient, et je le veux. »

    Le ton du guerrier était froid, distant. L'usage de la deuxième personne du pluriel était davantage justifiée pour l'occasion. Le maître de guilde n'avait d'ailleurs pas cessé de contempler les passants lorsqu'il lui répliqua cette phrase qui sonnait comme une sentence irrévocable. La couleur était donc clairement annoncée et il n'allait certainement pas faire des courbettes à cette enfant qu'il ne comprenait pas.

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    Dernière édition par Ié le 03/02/2012 22:04:48; édité 1 fois
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    Angélyna
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    MessagePosté le: 29/01/2012 17:34:50    Sujet du message: "Promenade" du maître de la guilde des guerriers Répondre en citant

    « C’est fort possible, en effet. »


    Elle avait retiré sa main de son épaule, et s’était appuyée contre le dossier du banc, la tête tournée vers le maître. Elle se surprit à apprécier ses formidables yeux, malgré la distance évidente qu‘ils exprimaient. Ié par sa complexité, allait lui offrir un peu de divertissement, là où elle s’ennuyait terriblement ! Elle connaissait son agacement, et s’en amusait ; n’importe quel homme l’aurait déjà menacée de mille manières différentes. Mais pas lui.

    C’était ça, le côté amusant, selon elle. Elle pouvait jouer. Et jouer avec Ié, c’était bien plus fin que de tromper un ridicule marchand ou bourgeois aveuglé par la bonne chair et le bon vin. C’était d'un tout autre niveau, plus tactique. Trouver ce qui pouvait corrompre Ié relevait du quasi-impossible. Elle était face au maître d’une guilde, qui elle le savait n'avait -lui- pas volé sa place ! Mais concrètement, que pouvait-il contre elle ? Quels moyens oserait-il employer ? Pour quelques simples feuilles de papier, et une fierté bousculée ?

    A elle de le découvrir. Il fallait prendre des risques, et surtout ne pas se trahir. C'était un des meilleurs entraînements, après tout, à elle de l'exploiter, d'optimiser ses avantages, non seulement pour acquérir de l'expérience, mais aussi pour prouver sa valeur, son talent certain - elle en était personnellement convaincue. Elle voulait qu'on la reconnaisse, qu'il la reconnaisse surtout, d'une manière ou d'une autre. Mais elle n'était pas près d'y parvenir ! Elle tenta tout de même le coup, reprenant en observant distraitement la foule :

    « Mais il ne suffit pas de vouloir. Je crois que cette chose-qui-t-appartient me concerne aussi directement. En quoi aurais-tu besoin de tout cela, en toute franchise ? Je crois qu’on ne respecte plus aucune intimité, la mienne ici. Et tu vois, j'y tiens un peu à mon intimité. »


    Il fallait le dire, sur ce point-là, elle était curieuse ; pensait-il réellement qu’avec un dossier comme celui-ci, il prévenait le risque qu’elle vole, ou plonge plus en profondeur dans le crime ? Car c’était le rôle des guerriers, non ? Arrêter, emprisonner, combattre… Elle ne voyait rien d’autre. Après tout, on ne lui avait pas appris leur rôle. Et ce qu’elle n’avait pas appris, il valait mieux ne pas l’apprendre pour préserver son innocence. Inconsciemment, elle glissait dans la malhonnêteté. Elle ne nuisait à personne, puisqu'elle ne savait pas aller en ce sens ! C'était son raisonnement. Puérile, simplet, aveugle. Mais c'était son raisonnement quand même, et elle y tenait.

    Sa dernière phrase quant à elle regorgeait d’un sarcasme exagéré. N’était-ce pas elle qui avait infiltré l’intimité du bureau de Ié ? Si, mais c'était différent ! Elle l'avait prévenu de son intrusion, explicitement, lui n'en avait rien fait. C'était très malpoli. Et vexant !

    De sa voix basse et enthousiaste, elle renchérit :

    « Et, de plus... hum... laisse-moi réfléchir… »


    Lilya fit mine de ruminer, quelque chose, on ne savait quoi. En vérité, elle cherchait seulement le meilleur moyen de coincer Ié par la suite, si elle y arrivait. Ce qu'elle avait à dire elle le savait déjà.
    Mais elle continua pourtant son jeu ; son visage s’éclaira soudain, comme si elle avait été touché par l’illumination.

    « Oui, je le tiens : je n’ai aucune raison valable de te le rendre, si ce n’est par des valeurs qu’on ne m’a pas inculquées. Comme la bonne foi, le respect, la sincérité… Tu sais ce qu’il y a de bien, Ié ? Rien ne m’atteint, je suis plus libre que tu ne le seras jamais. Je n’ai pas de maître. Enfin, je n’en ai plus. Plus de règles à appliquer, aussi. C‘est bien plus excitant de faire ce qu‘il me plaît, que de me rabaisser à tous ces vauriens qui te lèchent les pieds. Qu‘ils me pardonnent, mais ils sont faibles. »


    Elle souriait. Donner à son interlocuteur de l‘exaspération, le pousser dans sa frustration, à grand renfort d’ironie et de sourires, c’était une technique connue. Elle n’était plus voleuse, elle était comédienne, usant de sa prestance naturelle pour feindre l’aisance. Si l’on comparait, Ié avait un rapport de domination plus élevé, un grade, un rang, une situation stable, mais elle avait une arme ; son détachement à lui. Il l’avait coupé de lui, en conséquence elle ne lui obéirait plus. Il y avait peut-être c’est vrai un certain lien encore, qui l’empêchait d’être assez véhémente dans ses propos. Mais pour le reste, il avait perdu son autorité en lui retirant sa considération quelle qu'elle eût été.

    Angy devenait un monstre, à force d’en côtoyer. Les seules lois qu’on lui apprenait, c’était le chacun-pour-soi. Et personne de "bien" ou "sain" n’était assez proche d’elle pour lui poser les limites nécessaires à tout enfant en croissance. C’était une gamine, douée, mais une gamine tout de même, qui se voulait volontiers victime de la société et de sa peine. Ce qui ne lui plaisait, ce qui la blessait, elle allait à son encontre. Elle ne croyait presque plus qu’en elle.

    Mais à dix ans, peut-on considérer que l'on possède assez d'acquis pour pouvoir choisir sa voie ? Non, on prend simplement celle qui s’offre à nous. Elle avait eu, et avait toujours, deux chemins distincts possibles ; sa proximité avec les criminels la poussait toujours inexorablement vers le plus facile, le plus accessible, le plus plaisante.

    Elle sauta par-dessus le dossier du banc, avec une agilité maîtrisée, pour se poser en douceur à côté du guerrier. Il y avait un réel contraste entre les deux gens. La frêle petite, le puissant guerrier, la voleuse, l’implacable, la vicieuse, le vertueux, la souriante, l‘impassible… C’était ce contraste qui attirait Angy vers Ié. Rien de plus, rien de moins.

    Elle ajouta alors, après avoir mesuré un silence appuyé ;

    « Évidemment, l’objet est plus important pour toi, et bien inutile pour moi. Alors je peux bien faire un effort, pour satisfaire ta triste volonté. J’accepte les marchés. Je ne fais pas cette profession pour seulement dérober. »

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    MessagePosté le: 03/02/2012 22:05:30    Sujet du message: "Promenade" du maître de la guilde des guerriers Répondre en citant

    Décidément, Angélyna Enedwaith avait décidé de jouer l'impertinente jusqu'au bout. Ié Meltin n'allait pourtant pas changer d'angle d'attaque et poursuivrait donc sur sa lancée, c'est-à-dire en restant franc et direct. Afin d'arriver à ses fins, une chose était sûre : c'était que la fillette pourrait très bien passer quelques temps à la caserne pour une justification quelconque, facile à dégoter ; du moins pour un séjour de courte durée, mais efficace sûrement. Ce, jusqu'à ce que la maîtresse de la guilde des voleurs en soit informée et vienne mettre son grain de sel dans l'enchaînement des péripéties. Toutefois, comme chacun des deux homologues n'appréciait pas voir l'autre empiéter sur son territoire, celle-ci comprendrait sans doute rapidement que l'action du guerrier serait fondée et que le faux pas venait malheureusement bien du camp des malfrats (ce qui aurait d'ailleurs pour effet de décroître le pouvoir que la petite exerçait actuellement sur la guilde, tout comme l'estime de la maîtresse de guilde envers la jeune fille). Pour l'instant, on en était pas encore arrivé jusqu'à de telles extrémités, mais cette alternative était clairement envisageable dans la pensée du maître de guilde. Un chantage en bonne et due forme, voilà tout.

    La première tirade de l'enfant amusa le guerrier. Il était certain pour chacun que l'objet de la venue de l'homme était la fillette, et l'homme était tout à fait dans ses droits. Ce qu'elle avait volé ne lui appartenait pas, par définition. Ié ne rétorqua pas à cette réplique, mais il aurait rapidement pu lui répondre que beaucoup de choses concernaient beaucoup de personnes, sans que ces dites personnes ne les possèdent. À quoi bon pour un simple colon de posséder un exemplaire de son recensement ? Cela était du domaine de l'administration, et pourtant il y en avait bien un qui portait le nom d'Enedwaith, que l'enfant ne réclamait pourtant pas. Angélyna n'était pas cohérente aux yeux du guerrier, et bien d'autres exemples lui venaient en tête.

    Ce fameux dossier, Ié devait le récupérer. Cela énumérait l’ensemble des brigandages dont la fillette avait été complice, du moins pour ceux repérer par la guilde des guerriers. Une fois ce dossier bien rempli, le maître de guilde pourrait très bien décider d'attaquer en justice la fillette. Et là, la personne de la Comtesse n'aurait pas d'autre choix que de la déclarer coupable de nombreux méfaits. Ni la guilde des voleurs, ni personne d'autres ne pourraient s'opposer à ce verdict, car grâce aux guildes elles-mêmes (dont celle des voleurs sous l'apparence de celle des marchands), le pouvoir neutre de la Comtesse pouvait être exercé. Le serpent se mordrait la queue, et on n'entendrait plus parler de cette enfant qui avait voulu n'en faire qu'à sa tête. La Comtesse avait beau être la marionnette des guildes officieusement, une médiatisation de l'affaire serait rapidement prémisse à ce genre de conclusion.

    La deuxième tirade d'Angélyna poursuivit avec un certain tutoiement. Ié ne s'en offusqua pas, il en avait vu plus avec la fillette pour faire le susceptible. De plus, il se disait que cette façon de parler était peut-être la dernière chose qu'elle conservait d'enfantin, mieux valait donc le conserver aussi durablement que possible. Cependant, quand elle affirma qu'elle n'avait pas de raison valable de rendre le dossier qu'elle avait dérobé, l'amusement du guerrier du début avait rapidement cédé sa place à de l'énervement, grandissant. Angélyna avait pourtant été soldate se dit le guerrier, et elle savait qu'un ordre était un ordre, la discipline militaire ne suggérait aucune insubordination, pourtant c'était ce qu'elle faisait actuellement.

    Les dernières répliques de l'enfant finirent par mettre le maître de la guilde des guerriers hors de lui. Mais qui était-elle pour parler de cette façon ? Quel âge avait-elle ? De quel droit se permettait-elle de faire la morale à un homme de près de vingt ans son aîné ? Pourquoi se bornait-elle à chercher le guerrier qu'elle ne trouverait jamais ? Ié n'était pas un gardien d'orphelinat, ni quoi que ce soit dans le genre, que cherchait-elle encore une fois ? Son interlocutrice était une ancienne soldate, il lui parla donc comme telle sans ménager ses propos, calmement et froidement, mais agacé :


    « Le marché est simple : vous rendez le dossier et vous n'avez plus affaire à moi, à condition de cesser les faux pas. Si vous refusez d'agir sur-le-champ, vous venez à la caserne pour le temps qu'il faudra, les cellules sont nombreuses et les bagnards de longue date seront ravis de voir une nouvelle tête. Là, nous aviserons, s'il y a ou non assentiment de votre part. S'il s'avère que vous persévérez à ne pas vous conforter à ma demande pourtant claire, Lesnie y veillera. »

    Quoi de plus courant que d'établir un marché sur la place même du marché ? Mais ce marché n'était pas tout à fait de la même nature que celui que pouvait conclure un vendeur avec son client. Il n'était pas ici affaire d'argent, mais de beaucoup plus pour la petite Angélyna. Ié Meltin n'avait pas été tendre dans ce qu'il avait dit, mais il avait construit sa réplique de sorte qu'il se fasse comprendre une bonne fois pour toute. Il y était allé crescendo et avait laissé une bonne part d'implicite dans ses paroles, tout d'abord car il n'avait pas pour habitude de s'aventurer dans de longues phrases, mais aussi pour faire réfléchir davantage son interlocutrice.

    Le maître de la guilde des guerriers fixa droit dans les yeux Angélyna Enedwaith. Sa réponse déterminerait la suite.

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    MessagePosté le: 09/12/2016 00:55:02    Sujet du message: "Promenade" du maître de la guilde des guerriers

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