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    Jäne Feren
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    MessagePosté le: 01/06/2009 16:06:55    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    Jäne se sentait de moins en moins à sa place à cette table.

    **Ca ne doit pas porter chance d'inviter quelqu'un qu'on ne connait pas à une table qui n'est pas la sienne** pensa-t-elle amère.

    Elle regarda en face d'elle, le regard presque vide. Elle ne voulait plus tourner la tête et voir l'affreux demi-elfe. Elle regardait Nadrind'el balayer la pièce du regard puis la fixer des yeux. Elle se sentit soudain mal à l'aise. Il lui lança un sourire timide, qui la surprit quelque peu. C'était la première fois qu'il lui lancait un vrai sourire, se voulait-il vraiment sympathique ? Méfiante et toujours nerveuse, elle lui rendit son sourire, mais n'osait toujours pas tourner la tête vers Herzy. Elle continuait donc d'observer Nadrind'el lorsqu'il lui adressa la parole :

    "Jäne vous prendrez vous également un verre de cet excellent vin? Je vous le recommande chaudement."

    Elle resta immobile quelques secondes, c'était également la première fois qu'il lui portait un certain intérêt. Sa froideur habituelle semblait avoir diminué. Elle hésita un moment avant de répondre, reprenant son souffle et espérant que la terreur qu'elle avait eu un peu plus tôt n'apparaitrait pas dans sa voix :

    " C'est vraiment très gentil de votre part mais je préfèrerais quelque chose de chaud. " répondit-elle en essayant de sourire sincèrement à Nadrind'el. **Et en plus je n'aime pas beaucoup le vin** Mais elle s'abstint de le dire de peur de vexer un des individus en face d'elle. Elle avait fait suffisamment de gaffes pour aujourd'hui et craignait, peut-être à tord, qu'en faisant une de plus, le demi-elfe perturbé et à tendance suicidaire s'en prenne à elle.
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    MessagePosté le: 01/06/2009 16:06:55    Sujet du message: Publicité

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    MessagePosté le: 01/06/2009 23:47:28    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    Toujours en train de tracer quelques cercles et autres arabesques avec la bière qui commençait à coller à la table, Herzy passait des rêveries à la réalité de façon distincte. C’était un peu comme un mécanisme qu’on mettrait en fonction à un moment précis pour basculer d’un côté à un autre.

    - Pourquoi voulez vous aller vers l’Est précisément ?
    - Nata ne sait pas.
    - Mais vous savez que vous devez voir la mer, c’est ça ?
    - Tout à fait, tout à fait Monsieur Leid, Nata doit voir la mer.
    - Je ne me souviens pas quand j’ai vu la mer pour la dernière fois.
    - Nata a vu la mer quand il était petit, mais jamais depuis.

    La conversation n’avait pas grand intérêt sinon meubler le silence de la forêt que les deux voyageurs traversaient ensemble. Des deux côtés de la route de terre, les arbres s’étendaient à perte de vue et dans toutes les directions. Ils grimpaient tous le plus haut possible, quitte à écraser les autres, et tentaient même de se faire un chemin sur la route.
    - Nata aime bien la forêt.
    - J’aime plutôt aussi, quoique cela soit souvent dangereux.
    - Nata pense qu’il est aussi dangereux de marcher en ville.
    - C’est vrai, oui.
    - Nata n’aime pas beaucoup la ville. Nata n’a jamais mis les pieds en dehors de son quartier de la ville de Milho.
    - C’est la première fois que vous voyager ?
    - Nata ne sort pas beaucoup de chez lui. Nata a peur de se perdre.

    La conversation n’était pas des plus profondes, cependant, Herzy prenait un certain plaisir à parler avec Nata. Les mots et les formules demeuraient simples, pour autant, la logique imparable de Nata et son aura si particulière rendait chacun de ses points de vue intéressant.
    Ainsi, ils continuèrent de marcher ensemble, chemin faisant, sous le soleil de belles journées comme sous la pluie qui tombait parfois. Ils n’avaient croisé personne depuis le groupe de brigands et aucune auberge ne s’était présentée pour le moment.
    Cependant, quelques jours après ces mots échangés, une caravane arriva dans le sens opposé et ils se prirent à partager un repas avec les autres voyageurs. La façon particulière de s’exprimer de Nata et le duo improbable qu’il formait avec Herzy rebutèrent un peu les autres individus, aussi, tous ne vinrent pas à leur rencontre.
    Une jeune femme tînt tout de même à faire la conversation et, alors que le bibliothécaire s’éclipsa, l’histoire de voir ce qu’il pourrait glaner comme informations, il fut surpris de voir que Nata s’adonnait à quelque chose de très spécial. En effet, alors même que personne ne lui prêtait attention, il massait les épaules délicates de la demoiselle.
    Herzy, qui souhaitait devancer les remarques et autres soucis que ces gestes pourraient provoquer s’avança alors à grands pas mais, avant qu’il ne puisse dire quoique ce soit, la demoiselle hurla à s’en arracher les poumons. Ne sachant que faire, et très surpris, le demi-drow resta là, bouche bée et bras ballants.
    Le visage embué de larmes, la jeune femme continua d’émettre un cri de douleur, attirant par la même tout le reste de la caravane, avant de se relever et de marcher. Elle s’écria, alors que des épées sortant de leur fourreau émettaient un tintement caractéristique :
    - Père, je n’ai plus mal ! Je suis guéri !
    Développant et expliquant ce qui venait de se passer, elle affirma que les mains de ce simple d’esprit – elle désignait Nata – avaient réussi à calmer ses douleurs. Nata, lui, déclara simplement qu’il savait remettre les choses à leur place et qu’un des os de la demoiselle avait bougé : il n’avait fait que le remettre là où il fallait.
    Le père, qui avait amené sa fille jusque là que dans le seul but d’aller la faire soigner dans une plus grande ville désira offrir une pleine bourse d’argent à Nata, qui refusa tout naturellement, expliquant qu’il ne savait pas bien quoi faire de tant d’argent mais que, pour autant, il émet beaucoup les anguilles et les chapeaux. L’homme en question offrit alors son couvre chef et un repas au vieil homme, ceci avant de reprendre la route, laissant Herzy et son camarade reprendre leur voyage.
    - Vous êtes vraiment étonnant vous, vous savez.
    - Nata ne sait pas bien. Nata est un peu bête, il ne sait ni lire, ni écrire…
    - Ni faire ses lacets.


    Au moment où la demoiselle prit la parole, le système se mit en marche et il quitta ses souvenirs avec ce regretté Nata pour rejoindre ses deux acolytes. Il écouta puis intervînt, gardant son regard las fixé sur les flaques qu’il élargissait aux différentes rayures qui zébraient la table de bois :

    « Je vous conseil donc de prendre une infusion de quelques herbes en fonction de vos gouts mais, je me permets de rappeler à sa grâce que nous sommes dans une taverne et non dans un salon de thé. »

    Laissant à chacun le temps d’apprécier ses propos, il enchaîna :

    « Regardez bien les gens qui sont ici. »

    « Des marins, des nains qui porteraient une armure si ils pouvaient, des vagabonds… Et ce tavernier. Rougeaud, gras… Moustachu. C’est l’archétype de la taverne malfamée. Je suis presque certain qu’il passe le plus clair de ses journées à essuyer des chopines avec un torchon plus sale que les objets en question.
    Je doute sérieusement qu’une demoiselle et ce, même avec autant de charme, ne puisse obtenir une boisson qui siérait à ses intérêts. »


    Serrant subitement la main droite, celle avec laquelle il jouait avec les agglomérats de bière jusque là, il patienta un instant, puis la desserra lentement, comme si un spasme venait de le prendre.

    « D’ailleurs, je me demandais, que fait une demoiselle de votre genre dans une taverne de si basse réputation à cette heure ? Auriez-vous l’intention de rejoindre un homme ici ou allez vous me dire que c’est la clarté de la lune et le bon air marin qui tire une femme du lit pour la mener ici ? »

    Faisant ainsi la conversation avec la jeune elfe, il laissa le dénommé Nad’ commander les boissons.

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    MessagePosté le: 02/06/2009 10:07:43    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    Tandis que Jäne regardait Nadrind'el interpeler une jeune serveuse pour commander les boissons, le demi-drow lui adressa la parole:

    « Je vous conseille donc de prendre une infusion de quelques herbes en fonction de vos goûts mais, je me permets de rappeler à sa grâce que nous sommes dans une taverne et non dans un salon de thé. »

    Jäne fut étonnée qu'il s'adresse si courtoisement à elle malgré l'ironie perceptible sous ces quelques mots. Elle tourna doucement la tête vers lui, juste pour ne pas paraître impolie. Mais l'envie de regarder ailleurs la repris très vite. Il ajouta :

    « Regardez bien les gens qui sont ici. »

    « Des marins, des nains qui porteraient une armure si ils pouvaient, des vagabonds… Et ce tavernier. Rougeaud, gras… Moustachu. C’est l’archétype de la taverne malfamée. Je suis presque certain qu’il passe le plus clair de ses journées à essuyer des chopines avec un torchon plus sale que les objets en question.
    Je doute sérieusement qu’une demoiselle et ce, même avec autant de charme, ne puisse obtenir une boisson qui siérait à ses intérêts. »


    Jäne préfèra ne pas regarder autour d'elle, elle était consciente du lieu où elle se trouvait, et ce n'était pas pour le plaisir qu'elle y était. Elle jeta un rapide coup d'oeil à l'extérieur, ne remarquant pas le spasme du demi-elfe. Il pleuvait encore à verse, et ne sachant pas exactement où elle était et combien de temps il lui faudrait pour rentrer chez elle, elle espérait que la pluie cesse rapidement.

    Enfin, il s'enquit :

    « D’ailleurs, je me demandais, que fait une demoiselle de votre genre dans une taverne de si basse réputation à cette heure ? Auriez-vous l’intention de rejoindre un homme ici ou allez vous me dire que c’est la clarté de la lune et le bon air marin qui tire une femme du lit pour la mener ici ? »


    Cette fois, elle ne pouvait plus faire mine d'écouter ou d'acquiescer, une réponse était requise. Elle le regarda de nouveau un peu intimidée


    " En ce qui concerne la boisson, peu m'importe, je recherche juste la chaleur qui est inexistante chez les deux étranges personnages que j'ai en face de moi, dit-elle d'un ton plutôt triste. Quand à ma présence, je dois vous avouer qu'elle est due au hasard, à mon étourderie et au temps désastreux."

    Elle lui fit enfin un sourire puis regarda de nouveau dehors.

    Herzy était vraiment une personne intrigante, et même si elle avait envie de s'enfuir loin de cette taverne miteuse, de ce bruit insupportable et de ces gens grossiers, son intérêt pour cet homme grandissait à chacune de ses paroles.
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    MessagePosté le: 03/06/2009 16:54:19    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    Après avoir hélé une serveuse, Nadrind'el lui demanda d'ammener une bouteille du vin qu'il avait bu ainsi qu'un grog: mélange d'eau de vie, d'eau chaude sucrée et de citron (il lui précisa tout de même de bien le sucrer). Lorsqu'il se retourna vers ses compagnons il les observa: quelle étrange compagnie était-ce là en vérité: un demi drow, une demi elfe et un elfe gris, dans la même piéce qui commandaient à boire. En pensant il s'attarda sur la main de Herzy qui traçait toujours de délicates arabesques sur la table avec son doigt ganté.

    Il avait commis une imprudence, certes il n'avait pas tué le bibliothécaire et n'avait nulle intention de le faire (c'eut été la preuve d'une stupidié dont seul un gnôme aurait pu faire preuve; quoique les gnômes soient généralements innofensifs). Néanmoins il avait, pendant ces quelques secondes où il tenait la vie du demi drow au bout des ses mains, dévoilé son véritable visage à Herzy. Il avait lu dans ses yeux que ce dernier savait qu'il aurait été capable d'aller jusqu'au bout. Il ne savait sûrement pas qu'il était assassin mais il était suffisamment intelligent pour lui faire du tord si l'envie lui en prenait. Il faudrait qu'il garde un oeil sur cet individu aussi intrigant qu'il pouvait être effrayant. D'ailleurs cette personne semblait elle aussi porter de bien lourds fardeaux songea Nadrind'el. Néanmoins il lui faudrait être plus prudent à l'avenir.

    La ville de Lesnie était une formidable occasion de se fixer un moment, pas très longtemps, juste quelques décennies, voir un siècle, pas plus... Mais il sentait que cette ville, remplie d'êtres frustres et d'autres qui l'étaient moins, pouvait lui faire oublier pendant un temps qu'il n'était plus qu'un paria, un exilé. Machinalement il passa son index sur sa nuque, l'endroit où il avait été marqué. Plus jamais il ne reverrait la douceur d'un coucher de soleil à Ivayanescarn ou la beauté de la première neige tombant sur les toitures délicatement ciselées.

    Son esprit vagabondait et il ne prêtait pas une réelle attention aux paroles des deux demis-humains. Un évènement le sortit brutalement de sa réflexion. Alors qu'il pensait, il avait continué à observer distraitement Herzy tracer ses arabesques sur la table lorsque la main de celui-ci sembla prise d'un spasme. Elle se serra puis se déserra beaucoup plus lentement. cependant il n'y avait nulle trace de surprise ou de douleur dans le visage d'Herzy. Peut-être s'était-il trompé mais il voulait en avoir le coeur net.


    "Quelque chose ne va maître Leid?" s'enquit poliment Nadrind'el en montrant la main gantée qui était à peine désserrée.
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    MessagePosté le: 04/06/2009 16:30:06    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    Au hasard et à l’étourderie ?
    Voilà une bien jolie façon de cacher les vrais raisons de sa propre présence dans une taverne mal famée. D’accord, ce n’était pas le lieu par excellence pour une demoiselle mais, pour autant, personne ne la blâmerait et il aurait été étonnant que quelqu’un ici ne la connaisse.
    Après tout, une des raisons principales des arrivées massives sur ce nouveau continent restait l’hypothétique nouvelle chance.
    Herzy riait intérieurement de voir qu’autant se disaient qu’après trente ou cinquante années d’une vie jalonnée d’échecs, on pouvait redresser cette dernière en fuyant son passé. Il se moquait de ces gens, sachant pourtant pertinemment que l’on aurait pu en faire autant de lui, quoique que d’autres motifs aient gonflées les voiles du navire qui l’avait amené sur ces terres.

    Tout autour de lui la taverne continuait de grouiller d’une activité coutumière en un soir aussi pluvieux. Nombreux étaient ceux qui tentaient de se réchauffer à coup de bière ou d’hydromel et ce, plus ou moins près des foyers entretenus ici et là dans l’établissement.
    A la vue de ces feux dansants, il fut attiré un instant par les flammes, revoyant des flashs de son ancienne vie, avant de basculer vers quelques autres souvenirs…


    Il faisait nuit et là aussi, un feu illuminait les contours des hommes qui, cette fois, ne formaient qu’un duo bien étrange.
    - Demain, si tout se passe bien, nous irons à la plage.
    - Nata ne veut pas déranger Monsieur Leid, vous savez.
    - Je viens parce qu’il me fait plaisir de t’accompagner, tu sais.
    - Nata pense que vous êtes très gentil.
    - Tu te trompes Nata, mais il est nécessaire que je continue la route encore un peu à tes côtés. Je suis curieux de savoir ce que tu vas bien pouvoir faire une fois que tu verras la mer.
    - Nata ne sait pas trop, Nata le saura quand il verra la mer.


    Le lendemain matin, ils repartirent, quittant la forêt et sa route peu sûre pour se retrouver sur un chemin de campagne tout à fait banal. Ils longèrent des champs où personne ne semblait travailler pour le moment, avant d’arriver à un embranchement où ils prirent le chemin de droite.
    Pendant plusieurs kilomètres, ils n’échangèrent pas un mot, puis, alors qu’ils grimpaient une sorte de petit monticule pour couper à travers champs, Herzy déclara :
    - Nata, je crois que voici la mer que tu cherches.
    - Tout à fait, tout à fait Monsieur Leid, c’est cela même ce que je cherche.
    - Que fait-on maintenant ?
    - Nata ne sait pas bien.
    - Alors allons-nous asseoir au bord de l’eau.

    Acquiesçant d’un signe de tête, Nata suivit Herzy, marchant presque dans ses pas. Ils descendirent rapidement la pente qu’ils venaient de gravir pour se retrouver sur une plage. Le sable formait un relief tout à fait appréciable pour la vue des deux camarades et ici et là, des rochers polis permettaient de s’adosser facilement. D’ailleurs, le drôle de duo se mit contre ces empilements de pierre, côte à côte, regardant le paysage.
    En face d’eux se trouvait la mer et ses promesses d’évasion, d’air marin, d’aventures et partout ailleurs l’on pouvait voir la plage. Evidement, derrière eux se trouvaient les terres, d’où ils venaient mais, après avoir fait tout ce chemin, ils ne prêtèrent pas grande attention au paysage qu’ils embrassaient depuis un certain temps maintenant.
    Silencieux quelques minutes, ils partagèrent ensemble la vue de l’écume qui caressait la plage d’un geste doux et presque protecteur tandis qu’Herzy notait, lui, que la marée était descendante. En effet, on voyait encore des lignes sur la plage, faites de restes marins et de bois flotté.
    Rompant le silence, le demi-drow demanda :
    - Alors, Nata, que penses tu de la mer ?
    - Nata aime beaucoup. Nata ne se souvenait plus de comment était la mer.
    - Je croyais que tu ne l’avais jamais vu.
    - Nata pensait qu’il ne l’avait jamais vu aussi, mais il se souvient que petit, il est déjà venu là, avant l’accident.
    - L’accident ?
    - Nata n’a pas toujours été bête. Avant, Nata savait lire, écrire et faire ses lacets, mais il a eu un problème et depuis, Nata a tout oublié.
    - Et c’est ça que tu cherches, ton passé ?
    - Non, Nata cherchait la mer, à l’Est.
    - Nous y sommes. Que fait-on maintenant ?
    - Nata ne sait pas bien.
    - Alors tu as fait tout ce chemin sans trop savoir ce qui t’attendrait ?
    - Nata pense qu’on ne sait jamais trop ce qui nous attend.
    - C’est vrai.

    Ils restèrent encore longtemps ainsi, l’un à côté de l’autre.
    Le demi-drow commençait à avoir chaud, comme le cuir de ses vêtements et de ses chausses attiraient la chaleur et semblait l’amplifier, mais il ne dit rien, préférant ne pas rompre le silence quasi-religieux qui régnait. Du reste, certains bruits les berçaient, mais il semblait à l’un comme à l’autre que des paroles auraient été de trop, comme superflues, et qu’aucun mot ne s’appropriait à la situation.
    C’est plus tard dans l’après midi que Nata reprit la parole
    - Nata pense qu’il doit continuer encore, en longeant la plage.
    - Et jusqu’où dois-tu aller comme ça ?
    Nata allait répondre à la question mais Herzy prit les devants :
    - Attends, laisse-moi deviner. Tu ne sais pas bien et tu sauras quand tu verras, c’est ça ?
    - Tout à fait, tout à fait Monsieur Leid, mais Nata pense qu’il doit y avoir une grosse fontaine là où il va.
    - Une grosse fontaine ?
    - C’est ça.
    - Grosse comment ?
    - Nata ne sait pas bien, il ne l’a encore jamais vu, mais Nata pense qu’elle est plus grosse qu’une maison.
    - En effet, c’est une grosse fontaine. On devrait pouvoir la trouver.
    Herzy se releva alors, prit son sac, l’accrocha fermement et tendit une main à Nata, qui le remercia et déclara :
    - Nata a vraiment de la chance, il rencontre beaucoup de gens très gentils.
    - Je ne suis pas gentil, Nata, ne fais pas erreur.
    - Nata pense que vous êtes gentils, et les oiseaux sont d’accord.

    Le bibliothécaire ne releva pas, songeant qu’ils étaient restés un peu trop au soleil ou que le vieillard commençait à devenir gâteux. Il se contenta de vérifier que rien ne paraissait être oublié et avança dans le sable, toujours suivit de son drôle d’acolyte.

    « Quelque chose ne va pas maître Leid ? »

    Herzy sortit alors de sa rêverie et déclama :

    « Tout va très bien, Sire Nad’, et je pense que j’irais encore mieux si la commande arrivait à notre table avec un peu plus de rapidité. »

    Éclipsant le véritable but de la question de son hôte, il enchaîna :

    « Dites moi, Sire Nad’, quelles sont les raisons qui poussent un elfe gris à venir, non pas dans une taverne, mais sur un continent comme celui-ci alors que je me suis laissé entendre dire que l’ancien continent n’était pas des plus visités par vos confrères et ancêtres, hm ?
    Il est assez étrange de partir, qui plus est seul, dirait-on, et aussi loin, alors que votre peuple connaît si peu là d’où nous autres nous venons. »


    Herzy leva enfin la tête, laissant la bière refroidir contre le bois qui tentait vainement de l’absorber. Il regarda alors son interlocuteur tout en vérifiant que ses gants collaient parfaitement encore à ses mains, et qu’aucun centimètre carré de sa peau ne soit découverte.
    Chaque détail comptait, Nata le lui avait rappelé.



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    MessagePosté le: 04/06/2009 19:26:21    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    Une impatience peut-être... Herzy n'avait trahie aucune surprise mais n'avait pas réellement répondu a la question que Nadrind'el lui avait posée. Cet individu était très interressant:

    « Tout va très bien, Sire Nad’, et je pense que j’irais encore mieux si la commande arrivait à notre table avec un peu plus de rapidité. »

    Façon interressante de répondre: "cela ne vous regarde pas maître fouineur". L'elfe ne s'en formalisa pas, il semblait que le demi-drow était passé maître dans l'art du demi mot; il en disait toujous suffisemment peu et Nadrind'el se doutait qu' il avait en lui une part d'ombre importante. Il continuait d'observer ce demi drow à l'allure assez sinistre et lorsque celui-ci reprit la parole la question ne l'étonna guère. Il savait qu'à maintes reprises on la lui poserait:

    « Dites moi, Sire Nad’, quelles sont les raisons qui poussent un elfe gris à venir, non pas dans une taverne, mais sur un continent comme celui-ci alors que je me suis laissé entendre dire que l’ancien continent n’était pas des plus visités par vos confrères et ancêtres, hm ?
    Il est assez étrange de partir, qui plus est seul, dirait-on, et aussi loin, alors que votre peuple connaît si peu là d’où nous autres nous venons. »


    L'assassin choisit soigneusement ses mots, le demi-drow pouvait déjà avoir des soupçons; il ne devait pas lui laisser la possibilité d'en savoir d'avantage.

    "Avant toute chose, sachez que même si notre peuple vit désormais reclus en la cité de Ivayanescarn, il fut un temps où nous étions partout, enseignant les sciences et les arts à des espèces aussi primitives que les humains. Aussi nous avons en nos bibliothèques des trésors que les érudits des autres races n'oseraient imaginer dans leurs rêves les plus fous. Bien que nous ne nous aventurions guère plus avant dans les terres extérieures, nous les connaissons toujours et peut-être même mieux que les autres races. Seuls les hauts-elfes peuvent prétendre connaître la terre aussi bien que nous.
    Quant à ma présence sur le continent, je dirais simplement que ma présence n'était plus guère souhaitée dans la grande cité. Aussi je profite de mes voyages pour voir le vaste monde et je vis de mes ... talents. Ma présence sur Iwy, quant à elle vient du fait que la découverte d'une nouvelle terre me semblait fort interressante, tant au niveau des affaires que des rencontres que l'on pourrait y faire."


    L'elfe avait pris un ton qui se voulait léger mais on sentait poindre l'amertume dans sa voix lorsqu'il parla de son exil. Il n'avait pas envie de s'étendre d'avantage sur le sujet, aussi fut-il ravi lorsqu'il vit une serveuse arriver avec les boissons qu'ils avaient commandées.

    "Ah! Il me semble que nos rafraîchissements ou réchauffements (il fit un signe de tête vers Jäne) arrivent. Mais vous Maître Leid, depuis combien de temps êtes vous ici? "
    Puis, avant que Herzy ait pu répondre:

    "Mais peut-être devrai-je d'abord poser la question à Jäne, quelles sont les raisons de votre venue à Lesnie?"
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    Herzy Leid
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    MessagePosté le: 04/06/2009 22:25:56    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    L’elfe gris se lança rapidement dans un exposé sur sa brillante civilisation et sa pseudo supériorité envers les autres. Son ascendance ne faisait aucun doute : d’une part sa façon de s’exprimer paraissait une possible revendication et, d’autre part, la manière dont il parlait du peuple dont il se disait descendant ressemblait à un cri amer.

    Herzy ne broncha et écouta ces sottises, ses yeux las plongés dans ceux de son interlocuteur. Comme ce dernier posait deux questions, l’une s’adressant au bibliothécaire et l’autre à la demoiselle, le demi-drow laissa tout loisir à la dénommée Jäne de répondre la première.
    Tandis qu’elle s’apprêtait à donner le change, les souvenirs refluèrent.


    - Il y a une ville un peu plus loin, je pense que nous devrions aller jeter un œil, même rapidement. On pourrait avoir quelques informations concernant cette fontaine.
    - Nata ne sait pas bien.
    - Allons-y et nous verrons sur place. De toute façon, c’est encore ce que nous avons de mieux à faire.

    Au fil des jours, le bibliothécaire avait appris à prendre les devants car, malgré toute la gentillesse dont le vieil homme faisait montre, il n’était souvent que peu capable de prendre des décisions, même simples. Cet individu avait quelque chose de mécanique : il réalisait les choses du mieux qu’il le pouvait et parce qu’il devait les faire, mais sans grande cohérence.
    Si Nata jugeait bon de marcher dans une direction pour trouver quelque chose, il s’userait les bottes jusqu’à n’en plus tenir, prenant tout juste le temps de s’arrêter, de se restaurer et de se reposer. Pour autant, il pourrait croiser des dizaines de personne sans avoir l’idée de demander son chemin ou de rechercher des indices auprès d’eux, éléments qui pourraient pourtant hautement l’aider dans sa quête.

    Arrivés aux portes de la ville, ils croisèrent un premier point de contrôle où des gardes en uniforme les regardèrent passer d’un œil plus ou moins ensommeillé. Le duo ne passait pas inaperçu mais, dans la foule bigarrée qui entrait et sortait à la fois, l’attention se portait moins sur eux de sorte que, s’ils se tenaient tranquilles, ils pouvaient éviter facilement les ennuis.
    Une fois dans la grande rue principale, ils se frayèrent un chemin pour arriver jusqu’à la place du marché et aux quelques rues commerçantes qui en partaient. Herzy, qui tenait à rester discret s’approcha d’un étal et acheta quelques fruits et légumes qu’ils pourraient garder quelques temps pour la suite du voyage et, profitant que les commerçants sont bavards, il demanda si il pouvait trouver une fontaine.
    Evidement, il en existait plusieurs et celles-ci se situaient à divers endroits de la ville. Quelques une remplissaient le rôle de puit et une seule avait vocation décorative. Nata sur ses talons, ils les passèrent une à une en revue, ce qui prit une bonne partie de l’après midi.
    A la fin de cette dernière, ils firent le compte et s’aperçurent que malgré leurs efforts, la fontaine que cherchait Nata ne se trouvait manifestement pas ici. Dès le lendemain, ils devraient reprendre la route et se rendre à la prochaine ville.
    Pour autant, ils profitèrent du fait d’être dans une cité de moyenne envergure pour s’offrir les services d’une auberge somme toute cossue et entrèrent donc dans un établissement nommé « Chez Aruki » Saluant tour à tour le patron et ce qui devait être sa fille, ils prirent un simple repas pendant lequel ils devisèrent de l’état des bâtiments et de la propreté de la cité dans laquelle ils se trouvaient, cela, avant de monter à l’étage et de dormir dans des lits, chose que ni l’un ni l’autre n’avait fait depuis des mois.
    Durant la nuit, alors que le ciel scintillait d’étoiles et que l’air se faisait agréable, Nata sortit des couvertures, sans un bruit, ouvrit un peu plus la fenêtre et s’installa en tailleur sur le petit balcon qu’avait droit leur chambre. Herzy, qui dormait de bon sommeil, ne fit pas attention à ces quelques bruits infimes et ne se releva que lorsqu’il entendit parler.
    Le regard endormi et la démarche lourde, il se mit sur ses jambes et eut droit à un tableau assez singulier : Nata était en tailleur sur le sol, la fenêtre ouverte derrière lui, et il parlait à un oiseau. Le volatile, qui émettait des sons et changeait de postures de temps à autres, semblait être une buse ou, du reste, se trouvait être un oiseau de proie. Les deux ignoraient totalement le nouveau venu et, Herzy, qui ne savait pas trop comment réagir face à ce énième tour du vieil homme, préféra s’asseoir sur le bord de son lit et écouter ce que Nata disait. Ce dernier, lui, devisait avec son nouveau compagnon :
    - Oui, c’est ça, Nata cherche une fontaine. Elle a un peu près la taille d’une maison et il y a des hommes blancs dessus.
    - Une fontaine. Très grande.
    - Tout à fait, tout à fait Spaizer, c’est ça.
    - Fontaine. Ville. Bateaux. Plein mouettes
    - Merci, Spaizer. Ce n’est pas trop dur de voler, ce soir ?

    Herzy, qui regardait les deux protagonistes, homme et volatile, se faire face, ne comprenait pas bien ce que faisait Nata à parler à un animal. Durant le trajet, il avait certes manifesté un certain intérêt pour tout ce qui pouvait voler, mais jamais il ne s’était adressé à une bête. Du reste, jusqu’à ce soir, ce fut le cas et, le demi-drow, intrigué au plus au point, posa la question à Nata qui, un peu surpris, se retourna brusquement ce qui fit fuir le volatile.
    - Oui, Nata ne sait ni lire, ni écrire, ni faire ses lacets, mais il sait parler aux oiseaux depuis l’accident.
    - Ah. Et ils sont volubile ce soir ?
    - Nata ne comprend pas bien ce que c’est.
    - Ils parlent beaucoup ?
    - Oh oui. Spaizer parlait beaucoup. Les villageois ont mis beaucoup d’épouvantails dans les champs et les petits oiseaux ne trouvent plus à manger. Lui s’en fiche parce qu’il peut aller ailleurs, mais il s’inquiète un peu pour un ami à lui. Je n’ai pas bien compris qui était cet ami.
    - Et bien, si les oiseaux se mettent à parler !
    - Oh, mais ils parlent depuis longtemps déjà.
    - Je n’en doute pas. Tu devrais te recoucher.

    Herzy, regagnant son lit, ne vit pas ce que fit par la suite Nata, puisqu’il s’endormit à poings fermés mais, le lendemain, le vieil homme semblait tout à fait frais et dispo et ils se mirent en route rapidement, sortant presque les premiers de la ville.
    Alors qu’ils faisaient route, Herzy déclara :
    - Il y a beaucoup d’épouvantails autour de la ville, tu avais raison. On dirait qu’ils veulent faire peur aux envahisseurs.
    - Non non, Nata sait que c’est pour les oiseaux, Spaizer lui a dit hier soir.
    - Ah, c’est gentil à lui. Et il t’a dit, aussi, où nous devions aller ?
    - Spaizer a dit une ville avec plein de mouettes.
    - Oh, avec ça, on devrait trouver !

    L’ironie n’étant pas le point fort de Nata, ce dernier prit la peine d’ajouter :
    - Oui, on devrait trouver. Il a dit aussi qu’il y avait plein de bateaux.
    - Nata, un jour, il faudra que tu m’expliques comment tu fais pour être si surprenant.
    - Nata n’a pas bien compris.

    Alors qu’un sourire aurait pu apparaître sur les lèvres du demi-drow, la réalité lui revînt plus rapidement encore qu’elle ne s’était dissoute précédemment. La voix presque fragile de la jeune femme y était peut être pour quelque chose, puisque lorsqu’il s’intéressa de nouveau à ce qui se passait autour de lui, elle prenait la peine de répondre à Nadrind'el Engeven.

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    MessagePosté le: 05/06/2009 10:28:19    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    Herzy ne parut ni convaincu ni intérressé par la réponse que Jäne avait donné à sa dernière question, mais cela ne la dérangait pas, elle avait répondu uniquement par politesse. Elle plongea son regard dans les flammes prés de leur table et resta attentive à la conversation entre les deux hommes. Elle aimait beaucoup les écouter, ils avaient tous les deux des voix très agéables et une façon très particulière de présenter les choses qui la faisait rire intérieurement. Nadrind'el parla un peu amer de son passé et de sa ville natale. Ce ne devait pas être que pour le plaisir qu'il était ici. Elle observa un peu plus Nadrind'el, elle connaissait l'arrogance mais aussi la beauté et la courtoisie des elfes gris cependant n'en n'avait jamais rencontré. Elle voulut ensuite regarder plus attentivement Herzy, mais son regard se détourna rapidement, elle craignait qu'il ne la remarque et en fasse de même.

    Enfin, le jeune serveuse apporta les boissons. Jäne se rendit compte qu'elle n'avait pas fait attention à ce que Nadrind'el avait commandé pour elle. Elle regarda un moment sa boisson, elle y posa les mains et se laissa envahir par la douce chaleur. Elle sentit doucement monter une odeur de citron. Elle n'avait pas très soif mais se sentait beaucoup mieux. Elle se replongea lentement dans son enfance et les odeurs de tisanes de sa mère. Elle ferma les yeux losqu'elle vit le visage de Sarah. Elle eut un sursaut. A ce moment précis, Nadrind'el lui adressa la parole.


    "Mais peut-être devrai-je d'abord poser la question à Jäne, quelles sont les raisons de votre venue à Lesnie?"

    Jäne pris quelques instant à revenir à la réalité, se rendant peu à peu compte du bruit qui semblait s'être amplifié. Elle voulut répondre par curiosité mais se douta bien que si l'étourderie n'avait pas suffit au demi-drow, la curiosité ne serait une raison que peu valable pour l'elfe gris.
    Et pourtant, en y réfléchissant, elle était bien partie de Galadrindor sur un coup de tête.


    " Je ne crois pas que pas que mon histoire puisse être aussi honorable et compliquée que la vôtre. Ni aussi sombre que la vôtre,dit-elle en regardant Herzy.Et j'espère ne pas vous offenser en disant cela. Je suis ici pour la liberté, à la recherche d'art, de beauté et de découvertes. Je n'ai aucun passé à fuir... **enfin, même si je le voulais, il me suivrait**

    Elle revit pendant une fraction de seconde le visage de Sarah. Elle secoua la tête comme pour remettre ces idées en place et continua :

    "Je n'ai personne à fuir non plus. Peut-être une fois de plus pourrais-je dire que c'est l'oeuvre du hasard !"

    Elle se tourna vers Herzy et lui fit un sourire quelque peu taquin. Ses mains, toujours posées sur le verre chaud commencaient à la brûler. Elle les retira délicatement. Elle voulait en savoir tellement sur ces deux hommes, elle aurait pu poser des milliers de questions mais se sentait bien trop différente pour se le permettre.
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    MessagePosté le: 05/06/2009 23:11:33    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    « Je suis là depuis…
    Hm… Je ne saurais le dire avec exactitude, mais je fais partie de la toute première vague de colons.
    Quand je suis arrivé, les murailles n’étaient pas construites, comme bon nombre de bâtiments. Tintania, d’ailleurs, n’apparaissait même pas encore à nos yeux comme une possibilité. J’aime autant vous dire que, quand nous avons découvert ce village, ainsi que les fées, la surprise nous accompagnait. »


    Laissant à son compagnon le temps de méditer ces propos et d’imaginer ce que pouvait être la ville à cette époque, le bibliothécaire réfléchit un instant aux prochaines paroles qu’il prononcerait et, après un court moment où il resta silencieux, il prit la chope qu’on venait de lui apporter, s’humecta les lèvres et déclara :

    « Mademoiselle Jäne, vous faites fausse route en pensant que je fuis quelque chose ou quelqu’un. Je peux être idiot à bien des égards et devant quantité d’érudits mais, si je sais une chose, c’est que fuir ne fait que retarder les choses lorsqu’on a mon ascendance.
    Je vais sans doute vivre longtemps, tout comme vous et, si j’étais en fuite, j’agirais différemment à bien des égards. »


    Encore une fois, il marqua une pause, pour que chacun puisse se faire son opinion. S’il disait la vérité, alors il faudrait le croire et voir ce qui l’avait amené là, si tant est qu’Herzy offre des réponses. Si le bibliothécaire ne racontait pas des évènements vrais et que, par conséquent, il mentait, alors il confirmerait l’adage « Tout le monde ment ».
    Peu après, il fit à nouveau entendre sa voix sur un ton tout aussi atone que précédemment :


    « Sire Nad’, quel métier exercez vous dont ici, ou, alors, dans votre ancienne vie ? Votre main semblerait presque faite pour le manche de ma dague. Avez-vous été soldat, ou travaillez-vous la viande ? »

    Se tournant ensuite vers la demoiselle :

    « Quant à vous, quel corps de métier épargne t-il vos mains ? »

    Posant un instant son regard sur les mains blanches et délicates de la jeune femme, il se rappela avoir vu un grain de peau similaire, non pas dans la personne de Nata, qui l’accompagnait pourtant ce jour là, mais le satin de la chair d’une bourgeoise…

    Le duo improbable marchait toujours et venait d’arriver dans une nouvelle ville, toujours près de la côte. En se baladant dans les rues à la recherche de fontaines, ils pouvaient apprécier, au détour de boutiques, la vision de la mer et, dans l’air, on sentait à loisir un petit gout salin caractéristique des bords de plage.
    - Cette ville est plus grande que celle dont nous venons et il y a un port. Il faudra sans doute rester plus d’une journée pour trouver ce que tu cherches, si tant est que cela soit ici. Aussi, écoute-moi, Nata, car les choses seront différentes dans ce genre d’endroit.
    Beaucoup de personnes passent ici. Des marins, des soldats, des commerçants, bref, nous sommes entourés d’inconnus dont on ne connaît pas les intentions. Alors, essayes de faire attention à toi, on ne sait pas dans quelle aventure nous sommes embarqués, d’accord ?
    - Nata croit avoir compris. Nata doit faire attention c’est ça ?
    - C’est ça, prends soin de toi et de tes poches. Il ne serait pas étonnant que des voleurs traînent par ici.
    - Nata n’a rien dans ses poches.
    - Et bien comme ça on ne te volera pas, grand père !

    Sur ces mots, ils se frayèrent un passage jusqu’à la traditionnelle place du marché et, en chemin, le bibliothécaire remarqua une demoiselle qui évoquait en lui quelques souvenirs.
    Son visage était angélique et surmonté d’une chevelure auburn tout à fait charmante. Ses longs cheveux cascadaient le long de sa nuque, s’attardaient quelques temps près de son cou gracile et couraient plus loin, contre le dos et presque jusqu’aux hanches de la jeune femme. Les yeux de cette dernière, d’une jolie nuance de vert, marquaient en elle un appétit de la vie grandissant et déjà important, et ces deux puits de lumière pétillaient tellement que seuls les aveugles ne pouvaient comprendre sa passion de la vie. Plus bas, son nez délicat, aquilin, s’accordait parfaitement avec le reste des traits de son visage, arrondis juste ce qu’il faut. Alors qu’Herzy admirait ces merveilles de nature et que Nata, lui, attendait sans dire un mot, la bourgeoise en question se sentit observé et posa son regard sur le bibliothécaire qui, surprit, ne put que s’excuser :
    - Souffrez que je vous déclare le trouble dont je suis animé à votre vue et dont je me repends maintenant. Je n’escomptais nullement importuner votre grâce.
    Elle s’avança vers lui, un éventail à la main, et il put alors sentir son parfum, une fragrance dont il apprécia la teneur bien qu’il n’en sache dire grand-chose. Elle répliqua, un sourire aux lèvres :
    - Ce n’est rien. A vous entendre, on comprend aisément que vous ne cherchiez pas à mal mais, à l’avenir, faites attention à la manière dont vous vous adressez aux gens. Un regard peut dire plus qu’on ne le pense…
    Herzy, un peu décontenancé par cette demoiselle, allait répondre à son tour et tourner les talons quand une troisième voix se fit entendre :
    - Nata pense que ce n’est pas bien grave. Monsieur Leid cherchait juste à m’aider.
    - Ah oui ? Et qui êtes vous pour recourir aux services d’un demi-drow ?
    - Nata n’est pas très intelligent, vous savez. Nata ne sait ni lire, ni écrire, ni faire ses lacets.
    - Vous ne répondez pas à ma question, vieillard.

    Reprenant les choses en main, Herzy fit à nouveau des excuses :
    - Veuillez pardonner mon ami, il est un peu fatigué ces derniers temps et, puisqu’il semble que nous usions de votre temps, nous allons vous laisser à vos occupations.
    Saisissant gentiment le vieil homme, le demi-drow entama quelques pas en direction de la foule du marché. C’était sans compter sur Nata qui ne put se retenir d’ajouter :
    - Nata cherche une fontaine avec des hommes en blancs.
    Le bibliothécaire allait, un peu agacé, brusquer un peu plus son compagnon pour qu’ils puissent enfin se tirer de ce faux pas, mais la dame changea soudain de comportement.
    - Une fontaine avec des hommes en blanc vous dites ?
    - Mon ami ne sait pas bien ce qu’il dit, vous savez. Comme il le disait, ses capacités sont limitées.
    - Peu importe, il me plaît et, s’il veut voir une fontaine, nous en avons une dans mes jardins, et elle vient juste d’être installée. Peut-être pourriez-vous, en guise de pardon, laissez ce vieil homme me donner un avis sur cette sculpture et, quant à vous, me donner quelques nouvelles de là d’où vous venez ?

    Un peu coincé et contraint, Herzy accepta, non sans penser qu’il aurait mieux fait d’avertir davantage son compagnon.
    Quelques heures plus tard, après qu’ils aient parcouru une partie de la ville via une sorte de voiture faite de bois noble, ils se retrouvaient, le demi-drow, Nata, et la demoiselle, ensemble, à deviser dans un jardin très bien entretenu.
    Des fleurs poussaient ici et là, bordées d’arbustes le plus souvent, tandis que plus loin dans les pelouses, des boulots, des sapins et d’autres essences se disputaient la vedette. De longues allées, toutes pavées et décorées de sculptures, permettaient de se promener sans salir ses chausses et, à un croisement important entre plusieurs d’entre elles, une impressionnante fontaine trouvait place.
    Elle était constituée de trois vasques en forme de demi-sphère. Sur la première et de loin la plus grosse, différentes scènes se trouvaient être sculptées. On pouvait y voir des hommes, relativement musclés, effectués des travaux, comme s’ils construisaient quelque chose.
    Sur la seconde vasque, située au dessus de la première et de même forme, quoique bien plus petite, des visages de femmes se côtoyaient. Certaines avaient des miroirs, d’autres, le visage surmonté d’une auréole.
    Enfin, la dernière pièce de l’édifice, qui ne se différenciait des autres que par son envergure - encore moindre que celles qu’elle pouvait toiser – faisait jaillir des vaguelettes d’eau parfaitement claire. En face de chaque allée qui convergeait vers la fontaine, une petite ouverture avait été percée dans cette vasque et, de là, de l’eau s’échappait pour retomber dans les vasques inférieures. Les ouvertures représentaient qui un angelot bouche ouverte, qui un animal extraordinaire dont la gueule restait béante.
    Nata, très silencieux jusqu’à alors, déclara :
    - Nata pense que c’est la fontaine qu’il cherchait. Il y a des hommes en blancs, ici.
    Il pointa du doigt la dernière vasque, ajoutant ensuite :
    - Monsieur Leid, on l’a trouvé.
    Herzy tenta du mieux qu’il pouvait, alors, d’expliquer à la jeune femme le pourquoi de l’affaire. Cela faisait bien deux bons quarts d’heure qu’il racontait la rencontre avec Nata et quelques péripéties, aventures qu’il avait d’ailleurs un peu arrangé pour passer le côté irréaliste des actions entreprises.
    Pour autant, bien qu’ils fussent vraisemblablement devant ce que le vieil homme disait chercher, rien ne se passa. Pas de pluie de sangsues, pas de rencontres étranges, ni de changement soudain de la situation : non, tout demeurait ainsi, impassible.
    - Alors, maintenant que tu as trouvé la fontaine, que comptes-tu faire ?
    - Nata ne sait pas encore très bien, mais Nata est très fatigué.

    La demoiselle qui, apparemment, commençait à apprécier le duo insolite, coupa court à toutes négociations :
    - J’ai beaucoup de chambre ici, et vous êtes amenés à revenir ici, on dirait, alors restez parmi nous.
    S’adressant davantage à Herzy, elle continua :
    - De plus, vous n’avez pas fini votre récit, Monsieur Leid. J’aimerais savoir ce qu’il advînt par la suite.
    Le demi-drow, qui ne répliqua que par un sourire, pensant intérieurement que, lui aussi, il aimerait connaître ce que lui réserverait Nata pour les jours à venir, croisa ses mains dans son dos. Ainsi, ils continuèrent cette ballade, ensemble, profitant d’un repos qui, bien qu’ils ne s’en doutent pas, ne durerait pas.
    Au dessus d’eux, trois mouettes riaient.

    Autour d’Herzy, d’autres rires faisaient écho à ceux des volatiles, mais il n’y prêta pas attention, s’occupant davantage à guetter les réactions chez ses interlocuteurs.

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    MessagePosté le: 06/06/2009 19:54:23    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    La réponse de Jäne restait vague, d'après ses dires, elle n'avait aucune raison particulière de se trouver à Lesnie et aurait tout aussi bien pu se trouver au fin fond de Kaetiope. Nadrind'el nota qu'elle s'empressait de préciser qu'elle ne fuyait personne et que finalement elle allait là où le vent la portait. Quoique, au vu du peu que Nadrind'el connaissait de la demie elfe, elle aurait tout aussi bien pu voir de la lumière et entrer dans un bateau à destination d'Iwy. Elle avait l'amour des elfes pour l'art et la nature mais apparremment l'impulsivité des humains.

    La réponse d'Herzy fut tout aussi vague, il paraissait réveur et peu absorbé par la discussion. Il disait être arrivé avec les premiers colons, il avait donc vu Lesnie grandir, les luttes de pouvoir s'épaissir et il avait réussi à se faire une place confortable dans cette société; et pourtant il arborait en premanence cet air las et désabusé de celui qui n'attend plus rien de la vie. La seconde partie de son intervention fut plus incisive, niant le fait de fuir quoique ce soit, où qui que ce ce soit. Il est vrai que, de par son ascendance elfique, il ne pouvait concevoir la fuite comme les humains. Ces êtres éphémères avaient pour eux leur courte durée de vie; il leur suffisait de se cacher et attendre que la mort vienne tranquillement les prendre dans ses bras rassurants.

    Le bibliothécaire se tourna ensuite vers Nadrind'el et lui demanda:


    « Sire Nad’, quel métier exercez vous dont ici, ou, alors, dans votre ancienne vie ? Votre main semblerait presque faite pour le manche de ma dague. Avez-vous été soldat, ou travaillez-vous la viande ? »

    Le visage de Nadrind'el passa de l'amusement au dégout en entendant ces mots.

    "Comme tout elfe qui se respecte j'ai été formé il y a deux siècle de cela, au maniements des armes classiques pour assurer la défense de ma ville, cependant on ne peut pas parler dans mon cas de soldats et je ferais un piètre adversaire en combat singulier. Quant au travail de la viande, il y a un monde entre séparer le lard du jaret et manier la dague. Mon activité et beaucoup plus simple que cela: je suis un artisan qui travaille le bois et j'ai ouvert une petite échoppe dans les quartiers nord. Elle s'appelle Curubrethil et attire déjà quelques clients."

    Nadrind'el avait pris un ton professionnel en parlant de Curubrethil, manière de signifier à son interlocuteur qu'il n'était guère plus qu'un artisan aspirant à une vie bien reglée. Néanmoins quelque chose intriguait Nadrind'el:

    "Mais vous mon cher Herzy, je suis surpris qu'une personne, bibliothécaire de son état, possédant les seules thermes de la ville se promène avec une dague en pleine nuit. Quelle utilisation pourriez en avoir? Mais avant, laissons tout de même Jäne répondre à votre question."
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    MessagePosté le: 06/06/2009 23:52:33    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    Nadrind’el avait choisit ses mots avec soin et énonçait clairement que, s’il savait manier une arme, c’est qu’on lui avait appris. Son explication était claire et tenait la route ; après tout, on ne savait rien de ce qui se passait là où les elfes gris se cachaient. Pour autant, quelque chose laissait penser que là n’était peut être pas toute la vérité.
    Sans s’en soucier davantage, Herzy remua ses propres pensées et retourna dans une plongée en un environnement plus calme, en compagnie d’un certain Nata.

    Au réveil, le demi-drow s’était naturellement empressé de retrouver son ami ou, du reste, de tenter de mettre la main dessus. Ses recherches matinales furent veines et on lui dit, en guise d’information, que ce dernier se baladait dans les jardins. Le bibliothécaire qui, après tout, n’était que le compagnon de route de ce vieillard, prit donc le chemin des cuisines pour manger rapidement.
    Ceci fait, il descendit à son tour au dehors et se mit en quête du vieil homme. Le jeu fut rapide et Nata, vite retrouvé.
    Dehors, là, à ce croisement où ils s’étaient attardés la veille, le drôle de personnage restait assis, seul, sur le sol, bien en face de la fontaine.
    - Tu es bien matinale, aujourd’hui, mon cher Nata
    - Nata n’arrivait pas à dormir.
    - Pourtant, nous avons trouvé la fontaine, non ?
    - Tout à fait, tout à fait Monsieur Leid.
    - Alors, qu’est ce qui ne va pas ?
    - Nata ne sait pas très bien.

    Prenant le partie de prendre du plaisir en compagnie de ce drôle d’homme plutôt que de rester guindé et de respecter les conventions, Herzy se mit à côté de lui, en tailleur.
    - Ce n’est pas la fontaine que nous cherchions ?
    - Si, si, c’est bien la fontaine que nous cherchions.

    Le silence s’installa entre les deux hommes et ils profitèrent un moment de l’air pur et du calme environnant. Une bonne partie de la matinée se déroula ainsi, sans qu’aucun mot ne soit échangé, puis, rompant le silence, Nata déclara :
    - Nata a faim.
    - Et bien, allons manger. Je suis sûr que nous trouverons quelque chose à grignoter dans le coin.

    Sur ces mots ils retournèrent à la demeure, discutèrent un peu avec les domestiques et, aussitôt le repas complètement terminé, Nata retourna auprès de la fontaine. Herzy, cette fois, ne l’accompagna pas et, pour cause, la demoiselle qui les avait amené ici le mandait quelques heures.
    Séparés, ils ne se retrouvèrent que le soir, au moment de se coucher et ce dans le seul but de se saluer avant la nuit. Chacun sous des draps encore frais, fenêtre ouverte et dans des chambres différentes, ils ne communiquèrent pas. Dans la nuit, Herzy eut droit à de la compagnie pourtant, mais une compagnie qui n’avait rien avoir avec le vieil homme. Ce dernier, en revanche, ne trouva pas le sommeil et s’affaira à des activités moins sportives, comme contempler les étoiles.
    - Vous êtes nombreuses ce soir.
    Sans se soucier de l’absence de réponse, il débita des histoires où il aurait parlé à des volatiles avant qu’un changement ne perturbe sa tranquillité nocturne.
    Là haut, loin dans le ciel d’encre, un petit point lumineux brilla davantage avant de s’éteindre subitement. Un second fit de même et, de suite, on eut droit à d’autres phénomènes célestes. Tout aussi soudainement, des flammes traversèrent le ciel pour aller s’éteindre dans l’horizon. Nata, qui ne connaissait rien à ces affaires, décida de regarder le spectacle qui s’offrait à lui avant de regagner son lit, une fois que le ciel reprit des teintes plus coutumières.
    Au petit matin, les choses furent très similaires à la veille et Herzy se dirigea donc vers la fontaine, pensant trouver Nata à son pied. Lorsqu’il y arriva enfin, personne ne se trouvait au sol, bien au contraire.
    Nata, trempé de la tête au pied, se trouvait entre la seconde et la troisième vasque, les mains s’agrippant sur les rebords de cette dernière. Il tenait bon, de toutes ses forces, et Herzy le héla :
    - Nata ! Nata ! Que fais tu dont là haut ?
    Ce dernier, toujours en équilibre, le regarda avec de gros yeux, ses cheveux retombant sur ses joues, mais ne répliqua pas. Herzy, qui ne savait trop comment réagir, jeta une partie de ses vêtements au sol et entama une lente progression dans l’eau encore toute fraîche.
    Passant une jambe au dessus du rebord de la première vasque, il se tira ensuite, à bout de bras, via le rebord de la vasque supérieure et, en un tour de main, il fut lui aussi trempé que Nata et tout proche de lui.
    Plus solide que le vieillard, il se campa fermement contre le pilier central – là par où devait monter l’eau – et soutînt Nata. Le curieux personnage, au lieu de prendre appui sur Herzy pour redescendre convenablement, appuya avec ses pieds pour se hisser dans la dernière vasque, sans cependant y parvenir totalement.
    De l’eau éclaboussait les deux protagonistes et tombait au sol. Le bibliothécaire, lui, s’agaçait de plus en plus et se demandait bien quelle mouche avait piqué Nata. Alors qu’il venait de prendre la décision de tirer par le col l’acrobate en devenir, Herzy fut surpris d’entendre ce dernier s’écrier :
    - Nata a trouvé, Monsieur Leid !
    Ne cherchant pas à savoir ce que pouvait avoir cherché et trouvé le vieillard, Herzy s’appliqua à descendre et regagner la terre ferme tout en aidant son compagnon. Arrivé au sol, il s’allongea par terre et retira encore un de ses vêtements, qu’il entama aussitôt d’essorer. Sans être prit de rage, il demanda malgré tout sur le ton du reproche :
    - Qu’est ce qui t’a prit, Nata ?
    - Nata ne comprend pas bien. Nata voulait juste allait chercher la pierre.
    - Mais enfin, de quoi parles tu, il n’y a que de l’eau là dedans, c’est une fontaine !

    Alors, penaud, Nata tendit vers Herzy ses deux mains, qui se recoupaient pour former une sorte de bol. Dans ce récipient humain, une petite pierre couverte d’eau scintillait.
    De la taille d’un poing fermé, elle n’avait pas de forme particulière et on aurait dit un débris d’un roc de plus grande envergure. Elle ressemblait à une pierre banale à ceci près que des reflets d’argent brillaient en fonction de la lumière du soleil.
    - Mais où as-tu donc trouvé ça ?
    - Nata a mis la main dans la fontaine, et elle était au fond.

    Nata haussa les épaules avant de mettre le minéral dans une de ses poches.
    - Nata pense que nous devons partir, maintenant.
    - Ah. Et je suppose que tu ne sais pas où ?
    - Nata saura quand il le verra.
    - Oui, c’est tellement logique.

    Et ils partirent, en effet, dorénavant accompagnés d’une pierre.

    Herzy, tout comme l’elfe gris assis non loin de lui, attendait que la jeune elfe réponde. A sa vue, il fut surpris de trouver en elle un appétit de vie si grand. Quand, par comparaison, il plongeait son propre regard à l’intérieur de lui, il en ressortait davantage désolé encore.
    Sa vie était brisée, sa vie s’était arrêtée, seul son corps continuait d’avancer, parce qu’il le fallait. Les occupations qu’il pouvait avoir restaient mécaniques : se nourrir, se vêtir, s’occuper l’esprit.
    Toute une vie pouvait se jouer en une journée.
    Pour autant, Herzy ne laissa rien paraître de ses émotions, quoique sa lassitude et son dégout du monde possédaient une visibilité des plus grandes.
    De sa main droite, il serra un peu plus l’anse de la chope commandée et la porta à ses lèvres. Le vin joua avec ses papilles avant de monter à la tête.
    Ce soir, l’ivresse le gagnerait, et il pourrait enfin oublier les blessures du passé, l’espace de quelques heures.

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    MessagePosté le: 07/06/2009 08:44:00    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    Herzy expliqua bièvement sa présence ici, mais ce qui frappa Jäne ce fut qu'il était ici depuis la découverte de ce nouveau continent. Il parla rapidement de Tintania: la ville des fées, Jäne en avait entendu parler mais cela ne restait pour elle qu'une légende, mais il y avait en face d'elle quelqu'un qui avait découvert cet endroit ! Jäne se sentit soudain admirative, son sourire grandit et son regard se figea sur le demi-elfe. Il y avait encore tant de choses à découvrir. Elle avait des milliers de questions à lui poser. Elle allait prendre la parole lorsque celui-ci continua :

    « Mademoiselle Jäne, vous faites fausse route en pensant que je fuis quelque chose ou quelqu’un. Je peux être idiot à bien des égards et devant quantité d’érudits mais, si je sais une chose, c’est que fuir ne fait que retarder les choses lorsqu’on a mon ascendance.
    Je vais sans doute vivre longtemps, tout comme vous et, si j’étais en fuite, j’agirais différemment à bien des égards. »


    Il avait bien mal compris ses paroles mais peu lui importait désormais, elle avait rencontré quelqu'un avec qui elle pourrait peut-être découvrir ce nouveau monde. Une joie immense l'envahit en pensant à de possibles explorations.

    Le demi-elfe s'adressa à Nadrind'el et à elle-même en leur demandant leur métier. Cette conversation ne l'intéressait plus, elle était maintenant perdues dans ses rêves de grandeurs. Nadrind'el répondit d'abord, elle se dit que sa réponse n'était alors peut-être pas nécessaire, mais à la fin de son monologue, il se tourna vers elle lui laissant la parole. Elle fut d'abord désorientée. Etaient-ils vraiment intéressés par elle ou bien leur politesse surpassait leur ennui ? Elle n'avait pas l'habitude que des gens pareils s'adressent à elle de cette façon. A Galadrindor, elle passait toujours aprés les autres, et son opignion importait peu, seuls les quelques saltimbanques avec qui elle s'était enfuit à plusieurs reprises faisaient lui portaient une réelle attention. Quant à son métier, elle réfléchit quelques instant... elle n'avait jamais vraiment travaillé. Herzy était bibliothècaire et propriétaire des thermes, Nadrind'el était artisant sur bois, mais elle ?

    Elle plongea alors sa main dans son sac, et sortit doucement sa flûte traversière. Elle était finement décorée, mais paraissait usée comme ayant servi pendant des années. Elle regarda son instrument un moment, pensant à son père qui la lui avait offerte dans son enfance. Elle sourit :


    "Cet instrument m'a longtemps aidé à gagner ma vie... Et j'aimerais beaucoup que cela continue, mais dans une ville comme celle là, je ne pense pas que cela suffise."

    Comparée à ces deux hommes, sa vie devait vraiment paraître terne et sans grand intérêt, pensa-t-elle morose.

    Nadrind'el avait aussi posé une question à Herzy à propos de sa dague. Elle commencait un peu à s'impatienter, les questions de l'elfe gris ne l'intéressait vraiment pas, et elle avait tant de choses à demander. Essayant de garder son calme, elle attendit la réponse d'Herzy, se promettant de saisir la prochaine occasion.

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    MessagePosté le: 07/06/2009 22:28:17    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    Choisissant de répondre à Nadrind’el avant toutes choses, Herzy déclara :

    - A votre avis, cher Nad, que peut faire un homme seul, qui plus est bibliothécaire plutôt que forgeron, avec une dague, par une nuit pluvieuse, hm ?

    Laissant un temps le silence se faire, il ajouta par la suite

    - Trouvez-vous étonnant d’avoir une arme par une nuit pareille ? Si c’est le cas, moi pas. Je ne sais pas ce qu’on enseigne aux elfes gris, mais peut être qu’il serait temps de leur apprendre le bon sens.

    Sans se soucier du fait d’avoir froissé ou non l’un de ses interlocuteurs, le demi-drow regarda le liquide à l’intérieur de sa chopine. Il était épais et ne bougeait pas, de sorte qu’un aplat bordeaux lui renvoyait son image.
    Il vit alors ses propres traits, son teint pâle et ses mèches blanches et il préféra détourner le regard tout en se laissant en marge de la conversation : il attendrait qu’on lui pose des questions, si il y en avait, avant de reprendre part au dialogue.
    Dans le même temps, son regard se posa sur les marins qui restaient toujours en groupe, un peu plus loin, accoudés à une longue de table de bois couverte de taches.
    Il semblait à Herzy que tous les hommes de mer se ressemblaient, comme si c’était la grande bleue qui gravait des traits elle-même, choisissant ses fils. L’air iodé, les durs labeurs, le soleil qui crame les peaux… Autant d’éléments qui conduisent de jeunes hommes à devenir des marins endurcis, prêts à passer des mois en mer et à affronter des tempêtes sans nom.
    Le bibliothécaire se souvenait d’une des premières fois où il avait monté à bord d’un navire.


    C’était avec Nata, et les deux hommes embarquaient sur décision du vieillard. Apparemment, bien qu’il ne sache toujours pas l’endroit exact où il devait se rendre, il connaissait une direction approximative et sentait, plus qu’il ne réalisait, du reste, ce qu’il devait accomplir.
    Ainsi, ils se retrouvèrent tous deux à bord d’un bateau de bonne facture, entourés de marins en tous genres. Quelques mousses – les plus jeunes en poste – couraient en tous sens alors même que le bâtiment était encore à quai, tandis que les plus aguerris profitaient de leurs dernières heures sur la terre ferme.
    Le duo improbable, lui, se mit à la proue, dès qu’il fut sur le bateau et jusqu’à ce qu’il ne quitte le port. Au moins, là, les deux voyageurs ne dérangeaient personne et ils pourraient admirer le paysage en toute quiétude.
    La mer ondulait paisiblement, créant un léger clapotis sur les flancs du navire. Le soleil, haut dans le ciel, continuait sa course, illuminant de ses rayons les couleurs les plus diverses de ce beau paysage. Nata, qui restait muait et presque béat devant ce spectacle, gardait toujours une main dans sa poche, soupesant la pierre sans que personne ne le remarque.
    - Que c’est que cette pierre ?
    - Nata ne sait pas bien.
    - Elle est importante ?
    - Nata pense que oui.
    - Et tu vas en faire quoi ?
    - Nata ne sait pas trop ce qu’il doit en faire. Il le saura quand il le fera.
    - Comme toujours, hein.
    - Nata ne croit pas que cela soit toujours ainsi.
    - Je sais bien mon bon Nata, je sais bien. Rien n’est jamais qu’on aimerait que ce soit, de toute façon.

    Contemplant le paysage, ils restèrent là, les yeux perdus dans l’immensité de cette mer. Quelques oiseaux volaient autour du navire et, à bord, la tension se faisait croissante : l’équipage devait retrouver au plus vite les réflexes qui garantiraient la sécurité et la rapidité du navire.
    - Je ne sais pas combien de temps je vais encore pouvoir rester avec toi, Nata.
    - Ce n’est pas grave, Monsieur Leid. Vous avez été très gentil avec moi.
    - Oh non, tu te trompes et, s’il y a des remerciements à faire, c’est à toi que je dois les adresser.
    - Nata n’a rien fait.
    - Et pourtant…


    Pourtant, comme Herzy s’en rendrait davantage compte plus tard, cette rencontre avait transformé sa vie. Toutes les rencontres changeaient la donne mais, celle là, plus que les autres, avait modifié l’équilibre et le mode de vie du bibliothécaire, au moins l’espace de quelques jours. Ceci n’était pas rien pour quelqu’un qui ne jurait que par lui-même, d’autant que, malgré qu’il ne sache pas faire ses lacets, Nata possédait une capacité à rendre heureux, par sa seule présence. On aurait pu croire que tous ceux qu’il touchait se sentaient mieux et, si c’était le cas, Herzy faisait partie de ceux là.
    Cet homme à la vie brisée, cet homme dont la vie avait changé de cours en une journée, réussissait presque à sourire avec ce drôle de personnage. Pour autant, il ne lui restait plus beaucoup de temps pour tirer profit des leçons que Nata pouvait lui dispenser avant qu’ils ne se séparent. Herzy le sentait, la fin de cette aventure arrivait à grands pas.
    Sans s’en soucier, il tapa gentiment le dos du vieillard et se tourna à nouveau vers l’horizon.

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    MessagePosté le: 08/06/2009 15:40:03    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    Jäne sourit à la réponse d'Herzy, il semblait aussi exaspéré qu'elle par la question de Nadrind'el. Maintenant qu'il n'y avait plus menace de mort, Jäne se sentait de plus en plus décontractée même si la taverne la répugnait toujours autant. Les questions qu'elle voulaient poser à Herzy commençaient à lui brûler les lèvres. Elle jeta rapidement un coup d'oeil de gauche à droite regardant si un des deux hommes en face d'elle allaient parler. Ne voyant aucun signe de leur part, elle pris une profonde inspiration se préparant à poser ses questions à Herzy. Mais elle s'arrêta juste avant. Il fallait qu'elle garde un minimun d'éducation en face du demi-drow et de l'elfe gris. Plus tranquillement, essayant de garder un rythme normal , elle commença :

    "Monsieur Leid... Elle hésita un moment cherchant ses mots. Vous nous avez tout à l'heure parlé de votre arrivée à Lesnie et de la découverte de Tintania. Pouvez-vous nous en dire plus ? "

    Elle le fixa un moment, puis ne pouvant plus tenir, elle dit d'une traite :

    "Je veux dire comment s'est passée l'expédition, est-ce qu'il y en a encore ? Prévoyez-vous en une autre pour bientôt ? Quand je dis vous je parle des dirigeants de cette ville biensûr, mais comme vous êtes là depuis longtemps, vous devez bien être au courant. Avez-vous découvert autre chose que Tintania lors de cette expédition ? Que connait-on exactement d'Iwy ? Est-ce que..."

    Elle s'arrêta net, sentant les regards des deux hommes braqués sur elle. Elle posa sa main sur sa bouche et se sentit rougir, dans son impatience, elle avait parlé si vite qu'elle était sûre qu'ils n'avaient pas saisi la moitié de ce qu'elle venait de dire. Elle baissa la tête de gêne. Encore une fois son impulsivité l'avait rattrapée. Elle préféra ne rien ajouter à sa cascades de questions. Ce n'était pas la première fois qu'elle se rendait ridicule mais jamais elle ne l'avait été devant des personnes comme Herzy et Nadrind'el. Elle commençait à craindre leur réaction.
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    MessagePosté le: 09/06/2009 14:37:23    Sujet du message: Nuit de lune pleine Répondre en citant

    La demoiselle prit enfin la parole. Ce n’était pas trop tôt.
    Depuis le temps que les commentaires échangés restaient masculins, la présence de la jeune femme aurait déjà dû se faire davantage sentir. Enfin, il valait mieux tard que jamais, comme disait l’adage.
    Elle entama de poser une question sur la découverte de Lesnie, ou, plus précisément, de Tintania, puis, avant même que le bibliothécaire n’ait eu le temps de répondre, elle démultiplia les questions.
    Herzy, un peu surprit par ce florilège d’interrogations, répliqua cependant de façon atone, comme à son habitude :


    « Concernant l’expédition en elle-même, on peut dire que nous nous en sommes bien sortis, malgré une organisation assez pitoyable. Les groupes de personnes s’entendaient peu les uns avec les autres et, chacun sait que dans une expédition, les tensions sont croissantes.
    De plus, personne ne connaissait de chemin, ni di direction. Nous avancions tous à l’aveuglette, en espérant trouver quelque chose.
    Nous étions séparés en trois, et le groupe dans lequel j’étais est tombé sur bien mieux que le village des fées. Des ogres, que nous avons combattus et terrassés non sans mal.
    Plus tard, on a rejoins le village des fées, qui venait d’être découvert.
    Bien entendu, en plus des membres de l’expédition, on a rencontré ces demoiselles ailées. »


    Marquant un pause, il but quelques gorgées de sa chope et continua de répondre :

    « Pour les expéditions, je pense que les maîtres de guilde chercheront à en faire d’autres. Vous n’êtes pas sans savoir que différentes forces du continent souhaitent avoir la main mise sur Iwy et donc, il nous faudra puiser dans les ressources de l’île pour mieux se défendre.
    Pour le moment, nous sommes tout juste auto-suffisant, et notre milice est bien trop faible par rapport aux forces qui pourraient se déployer ici.
    On a déjà essuyé une attaque de la part du continent, et nous avons remporté une bataille, mais non sans mal. Plusieurs personnes sont mortes de notre côté et nous ne devons la victoire qu’à la sous estimation faite par les généraux adverses et, bien que ce soit des personnes très sûres d’elles même, je doute qu’elles fassent plusieurs fois la même erreur.
    Si il y a une prochaine fois, je crains que ne nous soyons pas prêt à y faire face. »


    Passant une main dans ses cheveux de neige, il prolongea son récit, toujours l’air blasé :

    « Nous avons découvert une sorte de souterrain, mais il est trop dangereux d’y descendre pour le moment. D’ailleurs, on ne sait pas ce qui s’y trouve et, s’il s’avérait peuplé de je ne sais quelle engeance ténébreuse, nous serions dans de beaux draps.
    Entre Cypide, les ogres et une nouvelle menace !

    Cela dit, concernant les expéditions, j’ai le projet d’en monter une nouvelle. Un petit groupe d’environ cinq à six personnes.
    J’ai envoyé mes recommandations aux dirigeants de la ville et j’attends une réponse que j’espère positive de leur part. Si toutefois elle était négative, je tenterais d’avancer seul.
    Il faut comprendre que nous n’avons pas le choix.
    Si Cydipe envoie d’autres bateaux, nous ne serons plus qu’une colonie et les maitres de guildes, un souvenir. Il faut agir et entrer davantage dans les terres, voir ce qu’on peut y découvrir. Je suis pour ma part convaincu qu’il y a sur cette île quelques trésors qui pourraient nous être bien utile. »


    Laissant de côté ces souvenirs et ces projets, Herzy lança :

    « Je vous ai apporté des réponses. Pourriez vous me remercier en m’offrant quelques airs de flûte puisque, semble t-il, vous savez en jouer ? »

    Il jeta alors un coup à l’elfe gris qui n’avait pas encore réagi aux derniers propos du bibliothécaire. Allait-il lui répondre avant que les premières notes ne couvrent le bruit montant de la taverne ?

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    MessagePosté le: 24/09/2018 22:09:09    Sujet du message: Nuit de lune pleine

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